Qui peut être un leader ? (Qui, quoi, où, comment)
Si la réponse est loin d’être
simple comme nous l’aurons compris, il existe néanmoins plusieurs angles
d’approche pour tenter d’en apporter une. Le leadership est souvent le fruit
d’une conjonction d’éléments. Il y a d’abord celles et ceux qui se voient
affublés de ce titre pour ce qu’ils sont, ce qu’ils représentent. Le « qui » l’emporte dans ce scénario. Ils présentent
des caractéristiques hors norme leur permettant de s’imposer naturellement,
parmi lesquelles le charisme, véritable facteur de différenciation. A titre
d’exemple, citons François Mitterrand ou Barack Obama. On peut les apprécier ou
pas, mais ils sont d’incontestables leaders. Il y a ensuite ceux qui le sont
pour ce qu’ils font. Nous sommes à présent dans le
« quoi ». Ce qu’ils ont réalisé les place au-dessus
du commun des mortels. Jean-Paul Sartre en intellectuel chef de file pour ses
œuvres et le courant intellectuel qu’il a su inspirer en est la parfaite
illustration.
Il y a ensuite ceux qui le
deviennent de par ce qu’ils vivent.
C’est le « où » qui compte dans ce cas de
figure. Le lieu et les circonstances de l’action font alors toute la
différence. Winston Churchill n’aurait sans doute pas autant marqué le monde de
son empreinte si les événements dramatiques de la seconde guerre mondiale ne
lui avaient pas offert la possibilité de s’illustrer en tant que Premier
ministre du Royaume-Uni. Vient enfin — après le « qui », le « quoi » et le
« où » le « comment ».
Certaines personnes parviennent à atteindre leur cible par ce qu’ils utilisent.
Leur méthode ou mode opératoire les distingue des autres.
Bien entendu, un même individu
peut être cumulard ! Ces points ne sont pas exclusifs.
Un constat s’impose alors à nous.
Si des points de différenciation peuvent vous permettre de l’emporter, d’autres
selon le contexte peuvent annihiler vos atouts apparents. Il n’est pas nécessaire
de répondre à toutes les questions pour réussir et être perçu comme un leader,
mais le Grand Homme au
sens de Hegel est toutefois censé y parvenir. En offrant une forme de
complétude, il ne peut que marquer l’histoire des hommes de façon indélébile. Le
profil d’un leader très complet : il libère (« quoi »), guide avec méthode et rigueur (« qui » et « comment »), est
présent à quelques-uns des plus grands tournants de l’histoire (« où ») et a toujours mené ses actions avec
détermination, sans accepter de compromis sur ses valeurs, en usant d’une
communication des plus modernes (« qui » et
« comment »). Certains individus sont en avance sur
leur temps.
N'est
pas leader qui veut. Le leader est dominateur et prêche par l'exemple.
Model de leader !
Vouloir dresser le profil type du
leader idéal serait très hasardeux. On en parle beaucoup, mais essentiellement
parce qu’il serait plus simple pour tout le monde d’en disposer. Imaginez s’il
existait un test pour mesurer le leadership d’un individu, un peu comme on le
fait avec celui du quotient Intellectuel (QI).
Bien que nous n’en soyons pas là
encore, certaines caractéristiques se retrouvent néanmoins de façon quasi
systématique : un courage sans faille, un potentiel de visionnaire, un
sens des réalités, une éthique irréprochable, une authenticité dans l’action,
une capacité à laisser s’exprimer les émotions et à en tirer parti, une aisance
relationnelle, un talent d’orateur, un charisme affirmé et enfin une dose
d’humilité. Là encore, le dosage entre ces différents éléments peut différer
d’un individu à l’autre.
De façon générale, ils savent où
ils vont et le chemin qu’ils souhaitent emprunter. Ils ont une vision et
définissent très précisément les étapes pour parvenir à leur fin. Ils croient
dans le futur. Des leaders pessimistes, cela n’existe pas. Ils ont confiance
dans leur capacité et s’ils ne sous-estiment jamais les difficultés, ils
gardent un moral d’acier et transforment leurs inquiétudes en actions.
Exigeants, ils définissent pour eux et les autres des objectifs ambitieux.
Quand la plupart des concurrents cherchent à gagner des parts de marché, eux
n’ont de cesse que de vouloir réinventer une industrie ou un métier. Au final,
ils changent la donne et aident les autres à croire en eux.
Qu’ils soient en comité restreint
ou qu’ils interviennent devant un plus grand nombre, ils génèrent presque
toujours passion et envie. Ils ont le don de transformer les situations
délicates en opportunités et les contraintes en atouts.
Comment devient-on un leader ?
Pour devenir un leader, il faut
d’abord le vouloir. Certes, l’expression du leadership est très personnelle,
mais quoiqu’il en soit, celles et ceux qui ne parviennent pas à imposer leur
empreinte ne restent pas en poste très longtemps. Ils sont tôt ou tard éjectés
du microcosme où ils évoluent quel que soit sa taille et son importance car
nous avons tous besoin d’un chef, d’un guide, d’un être en qui nous
reconnaître, quelqu’un que nous voulons admirer aussi. Cela se vérifie depuis
que l’homme est homme, de la préhistoire jusqu’à nos jours. Seules les méthodes
ont changé… et encore. Hier, un combat de chefs donnait raison au plus
fort ; aujourd’hui, un licenciement ou une élection suffit pour en
terminer avec un leader défaillant.
Prendre
des risques pour atteindre son but.
Il faut
donc le vouloir, et le vouloir plus que les autres. Car sur cette terre, tout
est question de relativité. On peut gagner un 100 mètres parce que l’on détient
un record mondial, mais aussi parce que l’on court simplement plus vite que les
autres ! Les leaders naturels sont ensuite disposés à faire un certain
nombre de paris pour atteindre leur but. Des prises de risques qu’un individu
lambda ne prendrait jamais. Ils ne quittent jamais leur objectif des yeux et
sont généralement prêts à beaucoup lui sacrifier. Ils font ainsi la
différence. Enfin, ils ne transigent pas sur l’essentiel. Ils ne prennent
que très rarement des chemins de traverse. Ils préfèrent et de loin rester sur
la route principale et faire face à leurs obligations, tête haute. Ils ne changent
de direction que s’ils acquièrent la conviction qu’ils n’ont pas le choix.
Etre
réactif, robuste et résilient.
Le monde
est en perpétuel changement. Et il faut s’y adapter. Ce qui rend la tâche du
leader plus complexe, mais aussi beaucoup plus passionnante. Tout s’accélère
aujourd’hui. Le leader doit être flexible, réactif, robuste et résilient. En
deux ou trois décennies, les modèles ont évolué et ont changé la donne.
Inspirer
confiance.
Le leader doit inspirer
confiance et donner le sentiment d’une relative stabilité, savoir gérer son
énergie physique et mentale, être empathique et ne pas se recroqueviller sur
lui-même au risque de sombrer dans les affres d’un narcissisme incontrôlé. Etre
conseillé ou coaché ne signifie pas un acte de faiblesse mais, au contraire,
une preuve d’intelligence.
Avoir
conscience de soi et des autres.
En réalité, il est un mot
auquel nous n’avons encore pas fait allusion. Il est pourtant clé, car il va
au-delà des compétences, des savoir-faire et des traits de la personnalité de
chacun. Il constitue ce que l’on est vraiment. La conscience. Le cœur du
système de valeurs où tout est scanné, analysé, décortiqué. Le vécu et le
ressenti. Le réel et l’imaginaire. Conscience individuelle et conscience
collective sont deux moteurs puissants. Elles donnent au leader un potentiel
illimité, une certaine distance aux choses et une profondeur dans l’analyse. Tout
ce qui sépare justement le leader de l’individu lambda !